• Un détective très très très spécial, de Romain Puértolas

     Un détective très très très spécial

    Romain Puértolas

     

    Titre en VO : un détective très très très spécial

    Année de la première publication (en France) : 2017

    Nombre de pages : 131

    Editeur : La joie de lire

    Site de l’éditeur : https://www.lajoiedelire.ch/livre/detective-tres-tres-tres-special/

    ISBN : 978-2-88908-380-0 (format papier)

    Site de l’auteur : https://www.romainpuertolas.com/

    Ma note : 7/10

    Publique conseillé : je le conseille aux plus jeunes, car c'est une façon pédagogique et intéressante d'aborder le thème de la différence avec l'autre et de la maladie. Mais ce livre peut bien entendu se lire à tout âge.

    Quatrième de couverture :

    Gaspard, brillant trisomique de trente ans d’une curiosité insatiable, vit chez ses parents qu’il adore et cumule deux emplois : vendeur dans une boutique de souvenirs made in China le matin et renifleur d’aisselles pour un fabriquant de déodorant le soir. Mais suite à un tragique accident, ses deux patrons disparaissent et il se retrouve sans emploi du jour au lendemain. Que faire maintenant ? Quel métier exercer ? Détective privé ? Pour Gaspard ce serait le métier idéal. Il réussit d’ailleurs à se faire recruter par un cabinet de détective privé pour enquêter sur la mystérieuse mort d’un patient dans un centre d’éducation spécialisé… Son handicap sera pour une fois un atout.

    Mais la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit…

     

    Mon avis :

    Nous allons parlé de l'histoire de Gaspard, atteint du syndrome de Down (c'est-à-dire de trisomie 21).

    C'est un trentenaire qui vit chez ses parents, et qui travaille comme vendeur dans un magasin de souvenir, et comme renifleur dans une entreprise fabriquant des déodorants. Effectivement, il a un nez particulièrement fin.

    Bref, un jeune homme qui vit sa vie, avec son handicap, à peu près normalement. Toujours enfant dans sa tête malgré ses trente ans, ce qui est dû à sa maladie, et c'est quelque chose de très bien retranscrit dans le livre.

    Un jour, ses des patrons meurent dans le même accident, et Gaspard se retrouve sans emploi. Il va alors chercher à devenir détective privé, faisant valoir sa particularité comme un atout. En effet, quand un détective a besoin de se déguiser pour passer inaperçu, personne ne se méfie d'un trisomique, puisque c'est quelque chose qu'on ne peut pas feindre. Il se verra d'abord refuser l'emploi, puis il sera rappeler quelques jours plus tard pour une enquête qui doit se dérouler dans un établissement d'éducation spécialisé. Il pourra passer inaperçu et enquêter.

     

    Gaspard est un homme à l'esprit enfantin, curieux de tout (par exemple, se demandant quel est le meilleur endroit sur terre pour réaliser le moonwalk). L'auteur nous fait partager sa façon de penser. On se sent proche de lui tout au long du roman. Il a son monde à lui dans sa tête qui le rend touchant et attendrissant. J'ai beaucoup apprécié le personnage.

    Cette curiosité du personnage nous laisse aussi apprendre quelques faits inutiles mais sympathiques, ce que j'ai apprécié. (Vous saviez que la personne atteinte du syndrome de Down qui a vécu le plus longtemps avait 83 ans ? Ou que certains rhinocéros avait des cornes rouge pour éviter le braconnage?)

     

    L'histoire met un peu de temps à démarrer au début (et pourtant, je suis moins difficile que Debo sur ce point, c'est dire). L'humour n'est pas excessivement drôle, ce sont plutôt des tentatives qui m'ont à peine fait sourire. Mais un humour qui plairait probablement à des plus jeunes que moi.

    Elle laisse aussi place à quelques situations plutôt loufoques, parfois fantasques.

    Elle se déroule plus ou moins en trois parties. La première pour poser le décors, la deuxième pour l'enquête, et la dernière, qui ne sont que les quelques dernières pages, pour un retournement de situation final très inattendu, qui je pense me marquera un moment.

     

    Comme conclusion de ce livre, c'est un récit qui encourage à la tolérance et au vivre ensemble. Son handicap n'empêche pas Gaspard d'être le héros du livre. Ça ne l'empêche pas de vivre sa vie. Même si on découvre à la fin du livre que sa vie est très différente de celle qui est présentée au début, ça n'empêche pas cela d'être possible.

     

    C'est un livre qui se lit facilement, rapidement (j'ai dû y passé deux petites heures). Que l'on peut faire lire à des jeunes, bonne approche pédagogique sur la tolérance d'autrui, mm s'il est différent de soi. Toutefois, je pense judicieux, pour les plus jeunes, de ne pas les laisser lire tout seul, mais avec un adulte, pour qu'ils comprennent bien.

     

    Et le retournement final, s'il est vraiment intéressant, si c'est ce qui donne sa raison d'être au livre, m'a tout de même laissé un goût doux-amère. Magistral d'un point de vue fictif, je l'ai moins bien perçu moi même selon mon éthique personnelle. Toutefois, cette fin est libre dans le sens où plusieurs interprétations son possibles. Mais l'interprétation qui m'est venue en premier ne m'a pas plu, je dois l'avouer.

     

    Extrait : (choix : Je ne sais pas. J'ai juste su en le lisant que ce serait celui-là.)

    « J'ai inclus dans la liste le nom d'Ingvar Kamprad, le fondateur visionnaire d'IKEA. (…) Aujourd'hui, il paraît qu'un bébé sur dix est conçu dans un de ses lits en bois de pin. Je n'ai jamais demandé à mes parents si c'était le cas pour moi, ce qui expliquerait bien des choses, surtout le fait que mes gènes aient été livrés en kit à la naissance. J'ai un chromosomes de trop, comme cette pièce de trop qu'il nous reste dans les mains quand on a monté une armoire IKEA et dont on ne sait que faire. »

     

    On adore : Le fait de montrer ce personnage différent, sa façon de penser un peu à part, et le message sur la tolérance que l'on souhaite faire passer.

    On regrette : La fin, bien que surprenante, laisse place à une interprétation difficile à admettre de mon point de vue. Cette fin et à la fois très positive, mais en même temps teintée de négatif.

    Jiji

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