• Le journal d’Anne Frank

     

     

     

    Titre en VO : Het Auchterhuis

    Année de la première publication (en France) : 1950

    Nombre de pages : 358 (avec préface et post face, qui sont important à lire aussi et donne beaucoup de précision sur le livre et son édition)

    Editeur : le livre de poche

    Site de l’éditeur : http://www.livredepoche.com/

    ISBN : 978-2-253-17736-4

    Site de l’auteur : Aucun

    Ma note : Je n’en mettrai pas.

    Publique conseillé : Je pense que cela dépend de l’édition, certaine ont des passages que d’autres n’ont pas. Pour celle que j’ai moi, je dirais 13 ans.

    Quatrième de couverture :

    « Je vais pouvoir, j’espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n’ai encore pu le faire à personne, et j’espère que tu me seras d’un grand soutient. »

    En 1942, la jeune Anne Frank a 13 ans. Elle vit heureuse à Amsterdam avec sa sœur Margot et ses parents, malgré la guerre. En juillet, ils s’installent à « l’Annexe » de l’immeuble 263, Prinsenchracht. En 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Anne est déportée a Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, où elle meurt du typhus au début 1945, peu après sqa sœur. Son journal, qu’elle a tenu du 12 juin 1942 au 1 août 1944, est un des témoignages les plus bouleversants qui nous soient parvenus sur la vie quotidienne sous le joug nazi. Depuis près de soixante dis ans, la voix de cette jeune fille pleine d’espoir hante des millions de lecteurs dans le monde entier.

     

    Mon avis :

    Qui n’a jamais entendu parler de ce livre symbolique ? Qui ne sait pas qui est Anne Frank ?

    Anne Frank est un symbole, et son journal, touchant, est spontané, parfois même impulsif, mais surtout très vrai.

    Sous le joug nazi, sa famille et elle-même entre dans la clandestinité, accompagné de la famille Van Dann et de monsieur Dussel, et aussi de leur protecteur, qui les cachent, les nourrissent, les protègent. Son journal, c’est leur quotidien, c’est leur vie.

    Anne, avec son regard perçant, sa lucidité, sa psychologie, parvient à comprendre ces gens qui l’entourent, et à nous les montrer très clairement. Elle est aussi très lucide sur elle-même, ce qui est surprenant à son âge.

    Son journal, c’est aussi son évolution, à elle qui grandie, qui passe de l’enfance à l’adolescence. Sa spontanéité reste toute enfantine tout du long, mais ses réflexions évoluent grandement. Et l’enfermement dans l’annexe l’ouvre au monde et aux questions de la vie.

     

    Ce journal, c’est le tracé d’une jeune fille en même temps que celui d’une clandestine et d’une juive sous le joug nazi. C’est qui en fait ce témoignage symbolique et si touchant. C’est « les deux Anne » qui se rencontrent ici.

     

    Ce livre, qui n’est au départ que le journal d’une jeune fille, Anne commence à le réécrire deux mois et demi avant son arrestation, quand elle entend à la radio que les témoignages ordinaires seront précieux après à la guerre. Elle ne finira malheureusement jamais, et quand il est libéré du camp d’Auschwitz par l’armée rouge, son père fait un mixe de la version originale et de la nouvelle pour le faire publier.

    Ce livre est aussi la réalisation du rêve d’Anne Frank, « devenir un jour journaliste, et plus tard écrivain célèbre ».

     

    Je ne me permettrai pas de mettre de note à ce livre, pour ses conditions d’écriture, je pense que vous comprendrez. D’ailleurs, je ne mettrai pas non plus de On adore/on regrette. Je peux juste ajouté que ce livre, j’ai pris mon temps pour le lire, plus que je ne l’avait prévu, qu’il fait parti de ceux que l’on mâche et digère entièrement. (Voir les citations ici pour la référence http://oceanlivresque.eklablog.fr/citations-et-autres-petites-phrases-a96459037)

     

    Extrait : (choix : juste une phrase prise au hasard, parce que je n’arrivais pas à choisir)

    « La radio anglaise parle d'asphyxie par le gaz. Je suis complètement bouleversée. »

     

     


  • La couleur des sentiments

    Kathryn Stockett

     

     

     

     

    Titre en VO : The help

    Année de la première publication (en France) : 2010 

    Nombre de pages : 526

    Editeur : Jacqueline Chambon

    Site de l’éditeur : http://www.jacquelinechambon.fr/Editions_Jacqueline_Chambon/Accueil.html 

    ISBN : 978-2-7427-9291-7

    Site de l’auteur : http://kathrynstockett.com/ 

    Ma note : 6/10

    Publique conseillé : Euh…, excellente question. Les gros lecteurs. Et patient, aussi. Fille comme garçon. Pas d’âge, si ce n’est celui de ne pas se décourager par la taille du livre.

     

    Quatrième de couverture :

    Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

    Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.

    Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

    Mon avis :

    C’est un livre que l’on m’a beaucoup vanté. Je m’attendais vraiment à un truc génial. Et j’aie été déçu. Du coup, je dirais qu’il était juste potable, à peine bien. Après, peut-être que si on m’en avait moins chanté les louanges, je l’aurais peut-être mieux aimé, sinon apprécié, mais c’est comme ça. Aussi, si je suis dure, il faut tout de même tenir compte de ce détail.

     

    C’est l’histoire de trois femmes.

    Eugenia Phelan, alias Skeeter. Une blanche qui rêve d’écrire, avec ses principes et ses idéaux défiants son monde.

    Aibileen, une bonne noire. Sage et aguerri par les ans à sa vie et à la société dans laquelle elle vit.

    Minny, une bonne plus jeune, noire aussi. Avec un fichu caractère, une grande gueule, et un don pour la cuisine qui la sauve.

    Mais c’est aussi et surtout l’histoire d’un livre. Un livre qui raconte les bonnes, leur quotidien et leur relation avec leur employeuse. Un livre contre le racisme, un livre pour changer les choses.

     

    Ce livre est basé dans un contexte historique précis. 1962, le racisme, Rosa Park et Martin Lutter King. Il est bien utilisé.

     

    Skeeter, au début, c’est une obstinée que ne sait pas ce qu’elle veut et une gosse naïve. Ça devient un écrivain obstiné un peu plus prudent et avec un but. Elle est très bien. Mais j’ai eu du mal à m’identifier dans ce personnage. (Pourtant, c’est loin de me poser problème d’habitude, je m’identifie à n’importe quel perso, même si s’oppose totalement à moi ou si c’est une ordure.)

    Aibileen, c’est la douceur incarnée. Elle, je l’aime beaucoup, j’ai de la sympathie pour elle. Elle aime beaucoup l’enfant dont elle s’occupe, Mae Mobley. Mesurée, douce, calme, réfléchie. Et, très important,  elle aime écrire.

    Sa patronne, Miss Leefolt, est un peu, je ne dirais pas bête, mais à côté de la plaque, parfois. J’ai l’impression qu’elle loupe ce qui est sous ses yeux. Et elle ne sait pas aimer sa fille.

    Minny, c’est un sale caractère et une grande gueule ouverte beaucoup trop souvent pour une noire. Plus têtue qu’une mule, qui ne cache pas ses idéaux. Ce livre, c’est une façon de s’exprimer pour elle. De dire haut et fort ce qui ne va pas.

    Sa patronne à elle (enfin, pas celle du début, mais la plus importante pour le livre), Miss Celia, est excentrique et un peu bizarre. Je ne savais pas du tout quoi en penser au début.

    Il y a aussi Miss Hilly qui est très importante. Obstinée, hautaine, manipulatrice, égoïste, et j’en passe. Mais surtout, elle est ancrée dans sa société et raciste comme elle. Elle, est vraiment bien représentée.

    Dans l’ensemble, les personnages sont pas mal.

     

    Ce livre alterne les points de vue des trois personnages principaux. En temps, normal, ça accélère, ça donne un plus. Là, ça ne modifie en rien le rythme, trop lent.

     

    Le début est très (trop) long. On pose les bases, c’est normal, mais il y a des limites. Ça n’avance pas bien vite pendant la première moitié voir les deux tiers du livre.

    La quatrième de couv’ en promet trop. L’histoire ne correspond pas. Elle promet du suspens et la recherche de Constantine. Celle-ci est juste évoquée, et si elle est une des causes de l’aventure, elle n’est pas vraiment importante, et il n’y a aucune réelle recherche.

    Il n’y a pas vraiment de suspens, à aucun moment.

    Par contre, sur la fin, ça s’accélère, et les sentiments, comme la peur, l’attente, l’impatience, le doute,… sont très biens mis en place. On peut dire que ça relève le niveau. (Encore heureux, sinon, je crois que la note de quatre aurait bien mieux convenue à ce livre.)

     

    Ça reste tout de même une bonne dénonciation du racisme et de cette époque, qui est quand même bien proche de nous (tout juste 50 ans).

     

    Je sais qu’il existe un film, et on me l’a aussi vanté. J’espère qu’il ne me décevra pas autant que le livre.

     

    Extrait : (choix : J’ai eu mal pour la gosse.)

    « Je dis doucement « Ça va maintenant, Baby Girl ? » J’ai l’oreille chade à cause du coup qu’elle m’a donné avec son petit poing. Je suis content qu’elle m’ait frappé plutôt que sa maman, je sais pas ce que cette femme lui aurait fait. Je baisse les yeux et je vois les marques de doigts rouges sur ses mollets.

    « Je suis là, mon bébé, elle est là, Aibileen ! » Je la berce et la console, la berce et la console.

    Mais Baby Girl pleure, et pleure, et pleure, et pleure. »

     

    On adore : Le thème et le contexte. Et un peu les personnages et le but du livre (le livre qui y est écrit).

    On regrette : La lenteur, la trop grande promesse du résumé, la lenteur, le manque de suspens, la lenteur, Skeeter, la lenteur,… ah, oui, et j’allais oublier, la lenteur.

     


  • L’ami retrouvé

    Fred Uhlman

    L'ami retrouve, de Fred Uhlman

    Titre en VO : Reunion

    Année de la première publication : 1971

    Nombre de pages : 110

    Editeur : Gallimard ; collection folio junior

    Site de l’éditeur : www.gallimard-jeunesse.fr 

    ISBN : 978-2-07-057714-9 (c’est un livre de poche)

    Site de l’auteur : Aucun

    Ma note : 10/10

    Publique conseillé : Filles et garçons à partir de 11 ans

    Quatrième de couverture :

    Stuttgart, 1932, Hans Schwarz, fils d’un médecin juif, rencontre Conrad von Hohenfels, issu d’une famille aristocratique à l’histoire prestigieuse. Tout les sépare et, pourtant, une amitié naît, exceptionnelle, exigeante. Mais déjà, avec la montée du nazisme, grondent des rumeurs de haine. Hans, exilé aux Etats-Unis, s’efforcera d’oublier son passé qui se rappellera à lui un jour.

     

     

    Mon avis :

    Ce livre est super. C’était une relecture pour moi, car je l’avais déjà lu en classe de 3ème et j’avais adoré.

     Hans 16 ans, rencontre au lycée Conrad von Hohenfels, 16 ans également qui fait parti de la plus illustre famille du Wurtemberg (une région au sud de l’Allemagne). Ils vont devenir amis mais la montée du nazisme va les rattraper. Leur amitié va-t-elle survivre à cet événement ?

    L’histoire se passe en 1932 à Stuttgart et retrace d’une manière simple les événements tragiques de cette sombre période, - la seconde Guerre Mondiale -. 

    Hans, est un jeune homme d’une grande sensibilité qui collectionne les pièces de monnaies et tout un tas d’autres objets grecs et romains. Avant l’arrivée de Conrad, il n’avait pas d’amis.

    Conrad, de son côté, est un jeune homme qui est distingué et qui a des manières. Le lecteur pourrait penser qu’il est snob et détestable mais il a un grand sens des valeurs et de l’amitié.

    Le style de Fred Uhlman est fluide, les chapitres sont très courts (maximum 5 pages) ce qui permet au texte d’être dynamique.

    La fin, est surprenante quand on sait comment se comporte Conrad vis-à-vis de certaines choses.

    En résumé, une très bonne lecture sur un sujet assez poignant.

    Extrait : (choix : Une très belle phrase !)

    « Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. »

    On adore : Tout !

    On regrette : Rien du tout !


  • Le secret d’Endymion Spring

    Matthew Skelton 

     

      

     

    Titre en VO : Endymion Spring

    Editeur : Pocket Jeunesse

    Site de l’auteur : http://blog.matthewskelton.net/

    Ma note : 6,5

    Publique conseillé : A partir de 13-14 ans, garçons comme filles. Avant, c’est peut-être un peu trop plein de détail qui font qu’on pourrait se mélanger sérieusement les pinceaux. 

    Quatrième de couverture :

    Quel est le mystère d’Endymion Spring ?

    Un jeune apprenti muet porteur d’un terrible secret ?

    Un ouvrage aux pages invisibles écrit sur une peau de dragon ?

    Un moyen d’accéder au pouvoir absolu grâce à un savoir interdit ?

    Ce livre contient tout les réponses.

    Lisez-le…à vos risques et périls !

     

    Mon avis :

    L’auteur nous emmène à travers ce livre vers deux histoires très différentes et pourtant étroitement liées.

    Tout d’abord vers Blake, un jeune garçon dont la mère se préoccupe énormément de son travail et de ses recherches, qui doit donc s’occuper de sa petite sœur Duck, celle que tout le monde trouve génial, comparée à lui, le cancre.

    Et bien sûr, le deuxième personnage est Endymion Spring. Le jeune apprenti muet de Herr Gutenberg.

    Leur histoire se passe à deux époques bien différentes, maintenant pour l’un, en 1453 pour l’autre. Ainsi qu’en des lieux différents, à Oxford pour le premier, à Mayence pour le second.

    Toutefois, ils sont reliés par un livre. Et pas n’importe lequel…

    L’auteur a sut inclure dans un cadre historique très précis (Gutenberg est l’inventeur de l’imprimerie en 1452, à Mayence, en Allemagne) du fantastique et une intrigue très bien ficelée.

    Effectivement, l’histoire nous entraine et nous retient de façon invisible. C'est-à-dire que l’on suit le fil de la lecture sans se douter que lorsque l’on fera une pause, on réfléchira à la suite, sans se sortir le livre de la tête. Ainsi, même si parfois l’histoire se fait un peu longue, le suspens nous poursuit jusqu’à la fin.

    De plus, chaque détail est exploité, jusqu’au plus infime que l’on a oublié jusqu’à ce qu’il soit ré-évoqué. C’est agréable, un livre qui n’oublie pas la moitié des choses en route.

    Les personnages, eux, sont biens faits, et attachants.

    Blake donne envie de l’aider. On voudrait tant faire en sorte que ça aille mieux entre ses parents, que sa mère soit présente pour lui. C’est un garçon calme, qui prête attention à ce qu’il voit.

    Et puis, la façon dont il se comporte avec le livre nous montre aussi le puissance de celui-ci. Comment quelqu’un que l’école insupporte, pour qui les livres sont incompréhensibles, qui se sent toujours inférieur à sa petite sœur par rapport à ça, pourrait attacher une tel importance à un livre si l’ouvrage lui-même ne l’y pousse pas ?

    Sa petite sœur, Duck, pousse à la sympathie. Elle est parfois un peu insolente, mais très intelligente et malicieuse. Son imperméable jaune (qui lui vaut son surnom) et sa curiosité font d’elle une enfant pétillante. Elle suit son frère dans la résolution de l’énigme du livre par jalousie au départ, et ensuite parce que son frère fini par s’y faire. Et puis il l’aime bien, c’est ça sœur, même s’il la jalouse un peu.

    Dans le passé, Endymion Spring est quelqu’un d’intelligent, de manuel, mais il n’est pas sportif, il est plutôt calme. Il est aussi très attaché à Mayence. On ne connait pas le passé de se personnage ou très peu, et on ne connait pas son avenir car si tout les personnages qui l’entourent sont tirés de l’histoire réel, lui est né dans l’imagination de l’auteur.

    Les personnages secondaires sont également assez creusés. Fust, par exemple, est angoissant. Certains passages méritent d’être lus seul, emmitouflé dans une couverture, devant la cheminée.

    Juliet, la mère de Blake, est une mère assez autoritaire quand elle est là et pourtant souvent absente. Une passionnée de livre.

    Diana (elle travail à la bibliothèque d’Oxford), quant à elle, est un personnage mystérieux, mais c’est tout à fait normal.

    Le professeur Jolyon est assez sympathique. Il donne envie d’avoir cours avec lui.

    Peut-être Peter (un ami d’Endymion) manque-t-il un peu de profondeur.

    Quant aux personnages que l’ont pourraient qualifier de figurants, ils sont eux aussi assez bien faits. Et ils ont une utilité. Riens n’est laissé au hasard. Même le chat de la bibliothèque, Méphistophélèse (drôle de nom, vous en conviendrez) est utile.

    En conclusion, c’est une lecture agréable, avec des personnages attachants, un suspens assez présent pour nous donné envie d’allez à la fin du livre mais qui n’est pourtant pas à la base de l’histoire, et un style fluide malgré quelques longueurs.

     

    Extrait : (choix : ce passage présente plutôt bien le personnage)

    « Le garçon se pencha pour ramasser le volume tombé à terre. Il s’arrêta net : et s’il s’agissait du livre qui l’avait agressé ?

    « Impossible, songea-t-il. Les livres n’agressent pas. Ils ennuient, ils échappent à la compréhension, ils se couvrent de poussière… Ils n’agressent pas. Ce sont des objet, pas des être vivants ! » D’autant que ce volume n’avait pas l’air dangereux pour un sou, avec sa couverture fatiguée et craquelée, qui rappelait la texture des vieux gants de cuir.

    C’était bien de se raconter des histoires. Mais s’il se mettait à y croire, Blake ne serait plus seulement dérangeant pour sa mère : il serait « dérangé » tout court ! »

     

    On adore : Les personnages, le cadre historique bien choisis, et la façon dont l’histoire est incluse, ce qui la rend presque réaliste (raison pour laquelle je la mets en historique et non en fantastique).

    On regrette : Quelques longueurs.

     


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    Leçons particulières

    Alain Claude Sulzer

     leçons particulières, d'Alain Claude Sulzer

     

     

    Titre en VO : Privatstunden

    Editeur : Jacquelin Chambon

    Site de l’auteur : aucun trouvé

    Ma note : 5,5

    Quatrième de couverture :

    Avant la chute du communisme, Leo, un étudiant qui a fui un pays de l’Est, est accueilli en Suisse par un couple et s’installe dans leur maison de banlieue. Martha, une mère de famille de trente-quatre ans, accepte de lui donner des cours d’allemand. Dans cette langue qu’il maîtrise à peine, il s’entend avouer pour la première fois qu’il a abandonné sa fiancée au pays. Mais cette trahison n’est qu’un début. Alors qu’il est devenu l’amant de son professeur, il prend en secret des cours d’anglais pour pouvoir rejoindre son frère au Canada. Cet amour qui est pour Martha une révélation et qui va bouleverser sa vie n’est pour lui qu’un bonheur fugitif, qui n’a pas de place dans ses rêves d’avenir.

    Pour Alain Claude Sulzer, l’amour et inséparable de la trahison, car il y en a toujours un qui aime plus que l’autre. Mais le roman dénonce aussi l’égoïsme inséparable de celui qui émigre. Obnubilé par le but qu’il s’est fixé, il utilise froidement tous ceux qui l’aident sans se préoccuper de leurs sentiments.

     

    Mon avis :

    Ce livre raconte donc l’histoire de Leo, étudiant qui fuit son pays, débarque en Suisse et ne connait presque rien de l’allemand. Martha, mariée et mère de deux enfants, devient son prof. Mais, à Noël, ça dérape.

    Voilà en gros l’histoire. On la voit par différents personnages. Par Leo, par Martha, par son fils Andreas (qui raconte aussi prologue et épilogue), et par la grand-mère de Leo (elle, on se demande ce qu’elle fout là, même si elle conclut bien le roman à le fin).

    Je me suis ennuyé pendant les 254 pages du livre.

    Je n’ai pas trouvé de style à l’auteur, et j’ai trouvé le ton trop lourd. Le fait qu’on voit par différent personnage fait que l’on n’arrive pas à s’attacher à l’un d’eux. On se demande franchement ce que fout la grand-mère là-dedans, et pareil pour Andreas jusqu’à l’épilogue, où on comprends enfin pourquoi il raconte aussi. J’ai trouvé Leo distant, et froid. Martha aurait pu être sympathique, si l’auteur avait pris la peine de creuser un peu plus le personnage. Et bizarrement, ceux sont les deux narrateurs dont on se demandent à quoi ils servent que j’ai préféré. Quant aux autres personnages, pas assez creusés, dénués de charmes, on dirait qu’ils sont fait de papier. Seul un des personnages est fait de façon appréciable, le père de Martha, mais c’est difficile de faire personnage plus simple à tenir, alors c’est pas du tout un exploit.

    Le cadre historique, que l’on expose dans le résumé, sert juste de prétexte à la fuite de Leo. Il n’est pas réexpliqué dans le livre, ce qui manque, et pas utilisé, alors qu’il y aurait du potentiel.

    En résumé, même si je ne m’attendais pas du tout à une merveille, ce roman a réussi à me décevoir.

     

    Extrait : (choix : c’est un des rares passages potables)

    L’orage s’est dissipé rapidement, et même si le soleil, qui tombait dans la chambre, ne l’aveuglait pas, Andreas avait baissé les stores à demi. Sur son bureau ainsi que tout autour de lui régnait un chaos de livres, de linge sale, vêtements éparpillés, d’extraits de journaux et de fruits en train de pourir qui n’était atténué que par la lumière tamisée ; sa mère interviendrait à temps pour empêcher que Walter Dubach tempête sur le désordre de son fils, et Andreas obéirait sans discuter. Pour l’heure, elle n’était pas encore rentrée.

    Comme tous les mercredis après-midi, un jour avant son cours hebdomadaire, Barbara, sa petite sœur, toussait des bacilles dans sa flûte à bec, sans témoigner du moindre don. Une fois de plus, la capacité d’Andreas à fermer les oreilles à tout son qu’il ne voulait pas entendre se révéla extrêmement précieuse.

     

    On adore : Rien, encore que, avec un style plus sympa et un ton moins lourd, l’histoire aurait pu être sympa.

    On regrette : La lourdeur, le manque de réflexion sur les personnages, le changement de narrateur à chaque chapitre,…





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